Petite soeur,
J'ai en tête beaucoup de souvenirs. Ces crises d'éclate fou rire. Ces moqueries et quelques accès de folie. Ton hypocrisie et tes faux sourires. Ta jalousie qui n'en a pas fini. Ces paroles faites de mots doux que tu transformes en maux. Me balancer une bûche, toutes ces conneries quand t'étais môme. Les histoires que tu me racontais, aussi futiles soient elles. Ces plans foireux en vacances, ces soirs où on voulait se faire la belle. Ces modes échecs relation fusionnelle, ces modes amitié passionnelle. Je pense à ces temps. Ces temps durant lesquels j'avais le sentiment d'être utile à ta vie. Ou j'avais le sentiment d'être, dans ta vie. J'ai bientôt compris qu'il n'y a que très peu de place et que tu élimines les opposants à ton régime égoïste. J'ai essayé. J'ai essayé, petite soeur. Et il est venu le temps où j'ai arrêté d'essayer. Je me suis mise à tenter d'essayer. De nouveau, je t'ai défié, j'ai osé. Je te dirai que, chaque jour, on pense à ne voir que le mauvais côté des choses. En craignant le dégât, en voulant éviter les séquelles, en implorant une maturité au ciel. Au fil du temps, on prend du recul. Je te dirai qu'on prend du recul pour pardonner. On comprend à quel point c'est inespéré. Ma Dame, on pardonne et on abandonne.
Petite soeur,
Tu grandis petite soeur. La belle époque durant la belle saison. Tu ne t'oublies pas. J'ai reconnu parmi tes accessoires domestiques ombre à paupières et pas l'ombre d'une vie sinon pour me faire de l'ombre. Quelque chose pour habiller ton regard et éblouir celui d'autrui. Parmi eux, une chose m'a effrayée. Une poudre qui, je le présuppose, dissimule défauts & imperfections, là tu m'as semblé perfide. Parée à toute tentative de la gente masculine.
Petite soeur,
Tu traces ton chemin et j'espère que tu ne t'égares pas au loin. J'ai compris que Naïveté t'as embrassé, insouciance, embrasée, respect, heurté. D'un regard, ne voyant pas ton reflet dans le miroir.
Sang
Je ne sais plus compter jusqu'à six.
Vie, tu m'as promis le ciel, tu as laissé choir une étoile
Au passage, si tu rencontres sagesse, épouse-la.